Notre séjour en pays Toraja :

A L’aéroport de Kuala Lumpur nous retrouvons notre fille ainée et son fiancé. C’est ensemble que nous partons découvrir l’île indonésienne de Sulawesi et quel bonheur de se retrouver en famille ! Nous embarquons tous les quatre, direction Makassar avec un vol Air Asia.

Arrivés à l’aéroport de Makassar, nous rencontrons Oscar, il travaille à l’aéroport et renseigne les touristes. Il nous guide vers un taxi qui nous amène jusqu’à la gare routière de Daya où nous prenons nos tickets pour un bus de nuit (18€ par personne) jusqu’à la petite ville montagneuse de Rantepao, l’aventure en Sulawesi commence ici. Le bus est plutôt confortable ( pour peu qu’on soit habitués au standard de confort en Asie…). Nul besoin de réserver à l’avance son bus, plusieurs compagnies assurent ce trajet de 10h.

C’est au petit matin que nous débarquons à l’arrêt le plus proche de notre homestay chez Mama Tia (12€ la chambre double) Nous demandons notre chemin, ici tout le monde connait Jacob et sa famille, il est guide dans la région. L’accueil est agréable et le petit déjeuner offert, bien appréciable. Sans perdre de temps nous décidons de louer des scooters (6€ par jour par scooter). Comme un peu partout en Asie on trouve des stands qui vendent des bouteilles d’essence sur le bord des routes.

Et c’est parti pour un périple dans les villages environnants à la découverte des magnifiques maisons appelées tongkonan. Il s’agit de constructions en bois sur pilotis d’une quinzaine de mètres de hauteur à la toiture bien particulière, certains disent que cette forme rappelle la ligne incurvée des cornes de buffle, animal sacré en pays Toraja, d’autres évoquent la forme d’un bateau pour célébrer les ancêtres venus par les océans. Les façades des tongkonan sont minutieusement sculptées et ornées de têtes de buffles, de cornes, de coqs.

Nous partons aussi à la découverte de certains sites funéraires parce qu’ici en pays Toraja, les coutumes ancestrales du culte des morts se mêlent aux croyances chrétiennes.

Nous commençons par le village de Londa où se trouvent des grottes (2€ l’accès au site), sur les falaises des cercueils sont entreposés dans des cavités ou suspendus sur des traverses de bois, des statues représentant des morts sont dressées. A l’intérieur  de la grotte, on peut voir des ossements, des crânes posés ça et là.

Puis nous poursuivons notre route vers Lemo autre site qui honore les défunts avec ses tombeaux accrochés à la roche (1,20€ l’entrée). Nous traversons plusieurs villages dont celui de Tilanga.

Nous découvrons des paysages magnifiques, des rizières verdoyantes, des villages de maisons traditionnelles devant lesquelles se trouvent de plus petites constructions, faites sur le même modèle et servent de grenier à riz notamment.

Le scooter est le moyen de transport idéal pour découvrir les magnifiques paysages et villages de cette région.

Au retour, nous nous arrêtons au Aras Café pour manger des plats traditionnels.

Le lendemain nous décidons de découvrir le grand marché de Rantepao, une partie est consacrée à la vente de buffles ( pour les sacrifices lors des cérémonies mortuaires), il ne fait pas bon naître buffle dans ce pays…. les bestiaux sont attachés par une corde accrochée à un anneau de métal fixé aux naseaux. Nous passons rapidement, c’est éprouvant…. les coqs sont vendus pour les combats, on zappe le quartier des cochons, pas plus reluisant que celui des buffles. Par contre on apprécie de déambuler dans le marché aux fruits et légumes et dans les quelques stands qui proposent de l’artisanat local.

Puis, c’est toujours en scooter que nous partons découvrir la région nord de Rantepao et ses paysages grandioses, ses montagnes et ses rizières. Les routes sont parfois défoncées, le scooter est mis à rude épreuve.

Au retour nous mangeons chez Rimiko à Rantepao des plats locaux, c’est très bon.

Le lendemain est consacré à une journée de cérémonie funéraire. Nous partons avec Yansen, le fils de Jacob et un chauffeur. En chemin, nous nous arrêtons dans une propriété où se trouve des baby graves (tombes de bébés). Dans la culture traditionnelle animiste, le bébé mort était placé au creux d’un tronc, pour continuer à vivre à travers lui, nourrit de la sève de l’arbre qui devenait sa mère, sa nouvelle demeure. L’arbre devait être situé à l’opposé de la maison familiale et la mère ne devait plus s’y recueillir afin que l’âme du bébé ne revienne pas à la maison. Cette tradition n’est plus pratiquée de nos jours semble-t-il.

Nous nous rendons ensuite à une grande cérémonie funéraire, il y a beaucoup de monde, on aperçoit un buffle déjà sacrifié et comprenons qu’il ne sera pas le seul mais surtout nous découvrons une ambiance très festive des hommes dansent formant une ronde, des femmes frappent des bambous sur du bois, en rythme, c’est très beau. Tout le monde a revêtu des habits traditionnels, des constructions en bois accueillent les amis , familles et visiteurs autour d’un thé ou d’un café accompagnés de quelques sucreries. On apprend qu’on fête la mise en caveau d’une vieille dame.

Il faut savoir que dans la tradition Toraja, il se passe plusieurs années avant que le défunt soit célébré et mis en caveau, le temps nécessaire pour réunir les fonds, acheter les buffles et cochons qui seront sacrifiés ( puis partagés et mangés). Ces animaux accompagnent le défunt dans l’au delà. En attendant la cérémonie, le mort est considéré comme malade, il est « formolé » pour être conservé, il reste dans la maison familiale, on dort avec lui, on lui parle.

Il est important de comprendre que dans la tradition Toraja, les vivants honorent les morts et oeuvrent toute leur vie à préparer financièrement leurs funérailles. Pour avoir échangé de cela avec Yansen qui doit avoir 25 ans rien n’est plus important que cela dans la vie.

Cette journée si particulière restera gravée dans ma mémoire.

Sur le chemin du retour nous nous arrêtons voir des tombes de la famille royale puis nous allons au marché acheter un poulet, des légumes, des condiments et de la citronnelle pour préparer le papi’on un plat traditionnel cuit dans un bambou posé sur la braise. On a bien mangé ce soir là chez Jacob !

Pour notre dernière journée en pays Toraja, nous avons encore chevauché nos scooters et continué à parcourir cette région belle et fascinante.

Le pays Toraja, ces habitants, la gentillesse de Jacob et sa famille resteront un moment fort de notre voyage…

Bilan de notre séjour aux Philippines :

Après un vol depuis Ho Chi Minh au Vietnam nous avons atterri à l’aéroport de Manille, capitale des Philippines. Ensuite, c’est en taxi que nous avons rejoint le terminal domestique pour un vol vers l’archipel des Visayas, sur l’île de Cebu (60€ le billet). On découvre alors les jeepneys, ces anciennes jeeps de l’armée américaine customisées et transformées en transport collectif, les jeepneys sont très populaires dans les villes des Philippines.

Ce n’est pas facile d’appréhender ce pays morcelé en milliers d’îles et de choisir un itinéraire, nous avons opté, pour commencer, par quelques escales dans l’archipel des Visayas qui, en cette période de l’année, semblait plus favorable d’un point de vue météo.

Nos escales dans l’archipel des Visayas :

Moalboal : Après 3 heures de bus (1,50€) depuis Cebu City, nous nous posons pour quelques jours dans ce village balnéaire réputé pour ces énormes bancs de sardines et ses tortues que l’on peut découvrir en snorkeling à quelques mètres à peine du rivage sur la plage de Panagsama. C’est impressionnant et même étourdissant de nager au milieu de ces milliers que dis je ! ces millions de sardines. Dès que l’on fait un geste elles changent de direction de manière synchronisée, elles forment parfois d’énormes rouleaux, le spectacle est incroyable.

Durant notre séjour à Moalboal nous avons également loué un scooter et découvert la plage de White Beach, les cascades de Kawasan et sillonné les villages environnants. 

Malgré une météo un peu capricieuse nous avons passé un agréable séjour à Moalboal. 

De retour à Cebu city nous embarquons ensuite sur un ferry (10€ par personne avec les bagages) pour nous rendre sur l’île de Panglao reliée par un pont à celle de Bohol.

Panglao : Nous avons choisi un hébergement près de la longue plage de Damaluan réputée pour être plus agréable qu’ Alona beach, effectivement celle ci est envahie de nombreux bateaux et bordée de restaurants, bars et hôtels. A Damaluan, nous sommes cependant un peu surpris de découvrir une plage publique avec un droit de passage à payer ( comme à White beach), plage dont une partie est réservée à un hotel (des vigiles veillent à limiter l’accès aux clients). Le sable est d’un blanc immaculé, l’eau turquoise et cristalline ; en fin de journée, à marée basse on peut apercevoir de nombreuses étoiles de mer et des crabes. 

Durant notre séjour à Panglao nous avons fait une journée d’Island Hopping (20€ par personne). L’Island hopping est une sortie en mer sur la journée pour faire du snorkeling et découvrir de petites îles. Cette balade nous a mené jusqu’à l’île de Balicasag puis à Virgin Island. Arrivés sur Balicasag nous découvrons que nous n’avons pas le droit d’aller faire du snorkeling seuls mais que nous devons prendre un bangka ( barque traditionnelle) et donc payer si on veut observer la vie sous marine.  Il y a beaucoup de bateaux sur un petit périmètre et donc beaucoup de monde. L’eau est vraiment claire, il ya une multitude de petits poissons et tortues. Nous avons ensuite mangé sur la lagune de Virgin Island dans des petits stands proposant des barbecues de poissons, calamars, bénitiers, des oursins et brochettes de beignets à la banane. Cette journée est une belle découverte, le cadre est magnifique, bon, on ne s’attendait pas à voir autant de monde mais les Philippines sont très prisées par les touristes occidentaux et chinois et  les philippins sont également en vacances….

En scooter, nous sommes allés sur l’ile de Bohol à la rencontre des tarsiers au sanctuaire de Corella (1€ l’entrée), ce petit primate tout mignon avec ses gros yeux se fait de plus en plus rare, il a de nombreux prédateurs, il est fragile et se reproduit lentement (un bébé par portée, une fois par an). La visite  se déroule dans le plus grand silence car le tarsier est un animal extrêmement stressé qui peut mourrir d’un arrêt cardiaque s’il se sent agressé par un bruit soudain.

 Nous voulions continuer notre route jusqu’au site des Chocolate Hills ( nombreux dômes montagneux de couleur brune, d’où le nom de collines de chocolat !) mais la météo en a décidé autrement.

Après Panglao et Bohol nous avons choisi de nous rendre à Siquijor.

Siquijor : C’est donc au port de Tagbilaran sur l’île de Bohol que nous avons embarqué sur un ferry (12€) jusqu’à Larena sur Siquijor, cette petite île offre une végétation luxuriante, elle est peu touristique est a beaucoup de charme, l’ambiance est très paisible. Encore une fois nous avons loué un scooter ( environ 6/7€ la journée) pour traverser des villages, découvrir quelques plages et cascades. Sur le chemin, nous avons fait une petite halte au Balete tree, un banian centenaire au pied duquel se trouve un bassin rempli de petits poissons pour les amateurs de fish spa.

 Par certains aspects Siquijor nous a rappelé notre île, la Réunion. Siquijor n’est certes pas la plus belle ni la plus impressionnante des îles des Philippines mais elle offre une jolie parenthèse calme et reposante.

Nous n’avons pas été particulièrement séduits par les plages de Siquijor et nous avons appris bien plus tard que nous étions passés à côté de deux plages « secrètes »: la Monkey Beach et la Secret Beach ( visibles sur Google Map).

Siquijor est notre dernière étape dans l’archipel des Visayas et nous sommes donc retournés sur l’ile de Cebu pour prendre un vol vers l’île de Palawan (65€ le billet). Arrivés à l’aéroport de Puerto Princesa sur Palawan c’est en van que nous avons poursuivi notre route jusqu’au village de pêcheurs de Port Barton. C’est durant ce trajet que nous faisons la connaissance de Corinne et Marc, un couple de savoyards très sympas avec qui nous partagerons de très bons moments sur cette île.

Nous tombons immédiatement sous le charme de ce village de pêcheurs aux chemins de terre, l’ambiance est détendue, il n’y a quasiment pas de circulation et comme toujours dans ce pays les sourires des philippins nous accompagnent, une vie simple et paisible comme on aime. 

Nous avons fait ici une magnifique journée d’Island Hopping (20€ par personne) qui combine les meilleurs spots de chaque tour. ( tour A,B,C et D) Nous sommes partis en bateau traditionnel, l’horaire de départ était décalé par rapport aux quelques autres bateaux, ce qui nous a permis d’être plus tranquilles sur les différents spots. Et là nous en avons pris plein les yeux, les paysages sont époustouflants et le snorkeling est incroyable. Il est vrai que nous étions restés un peu sur notre faim dans les Visayas, ici les fonds sont vraiment magnifiques, différentes espèces de coraux multicolores s’offrent à nous et que dire des milliers de poissons dans cette mer toujours aussi turquoise et translucide. Notre petit groupe est très sympa et on mange dans un cadre idyllique un délicieux repas à base de poisson grillé, calamars, poulet, accompagnés de légumes et de fruits. Bon vous l’aurez compris on a adoré cette journée !

En scooter nous découvrons la belle et tranquille plage de White beach et de Coconut beach.

Sur la plage de Port Barton nous avons passé nos soirées dans un petit bar reggae où des groupes locaux se produisent, en sirotant un petit rhum mangue en compagnie de nos nouveaux amis Corinne et Marc. Le soir, en agitant l’eau, on peut apercevoir du plancton phosphorescent sur cette petite plage.

C’est avec un brin de nostalgie que nous quittons ce havre de paix pour poursuivre notre route en van (10€ par personne) vers notre prochaine étape El Nido. Alors clairement en préparant ce voyage je disais que je ne voulais pas y aller, craignant le tourisme de masse et toutes ses dérives… mais on n’est pas en haute saison touristique et même si le contraste avec la tranquillité de Port Barton est indéniable, je suis plutôt agréablement surprise en découvrant ce site, porte d’entrée vers le célèbre archipel des Bacuits réputé pour ses lagons paradisiaques, ses monts karstiques et ses fonds marins extraordinaires. Ici aussi les tours d’Island Hopping sont nommés par les lettres A,B,C,D et nous choisissons le tour A.

Encore une fois le spectacle est saisissant, la faune sous marine est très riche, les coraux sont beaux mais moins bien préservés qu’à Port Barton, l’afflux touristique est certainement en partie en cause dans ce phénomène…

Nous profitons de notre séjour à El Nido pour explorer la petite plage de Las Cabanas près de Corong Corong à quelques kilomètres d’El Nido, et celle de Nacpan à 45mn en scooter d’El Nido. On se souviendra longtemps de cette « expédition » vers Nacpan , il a plu dans la nuit et la piste en terre est très boueuse, un vrai bonheur en scooter ! Bon l’effort est récompensé à l’arrivée lorsqu’on découvre une immense plage de sable blanc (4 km de long).

Après 4 jours à El Nido, nous quittons nos amis savoyards pour aller sur l’île de Coron, dernière escale avant notre retour sur Manille. Le temps est pluvieux et orageux et ce n’est qu’au dernier moment qu’on nous confirme que le départ du ferry (30€ par billet) est possible.  Nous arrivons à Coron sous une pluie torrentielle qui durera tout au long de notre séjour sur cette île, donc clairement on n’a pas fait grand chose à part se balader dans la petite ville dès la moindre éclaircie…. 

Nous sommes revenus sur Manille par avion, les départs en bateaux sont annulés en raison des conditions météo. Nous passons une nuit dans la capitale avant d’embarquer pour notre prochaine destination….la Malaisie.

Nos hébergements aux Philippines :

Moalboal : Roos guesthouse (20€ la nuit avec petit déjeuner) a le seul avantage d’être bien situé.

Panglao : Adriana’s Place (11€ le bungalow), simple mais assez bien situé. On y mange trés mal par contre.

Siquijor : Tory’s Backpacker Paradise (11€ la chambre avec petit déjeuner), cette auberge de jeunesse (avec club de plongée) est bien située, l’espace commun est convivial, l’accueil est agréable.

Cebu : Copenhagen East (14€ la nuit) est un hotel basique, propre et proche de l’aéroport.

Port Barton : Beach Cottage Hummingbird (15€ le bungalow) est en bord de plage, le confort est basique mais nous retenons ici l’extrême gentillesse de notre hôte Vicky et de sa fille.

El Nido : Devayn Guesthouse (21€ la chambre) est un petit hotel simple, il a le grand avantage de se trouver à l’écart des bruits, de l’animation de la ville tout en étant proche de tout. L’accueil est agréable.

Coron : Yellow House Guesthouse (12€ la chambre avec petit déjeuner) est une maison avec 4 chambres, une cuisine, un salon et des sanitaires communs. La famille est très gentille et de bon conseil.

Quelques bonnes adresses pour manger:

Alors soyons clair manger local et bon a été un véritable défi pour nous aux Philippines, défi que nous avons souvent abandonné pour retrouver des saveurs moins exotiques…

A Moalboal :  Hus Kos Kitchen propose une cuisine locale à base de produits de la mer, c’est simple et efficace !

                Makan, il est situé en face du Hus Kos et on peut également y déguster du poisson, des calamars…

A Panglao :  Luna Rossa comme son nom l’indique c’est un restaurant italien, c’est très bon. J’ai succombé à leur tiramisu, c’est tellement réconfortant après plusieurs mois d’Asie !

A Siquijor : Dolce Amore et encore une fois c’est italien et les pizzas sont excellentes.

A Port Barton : Miam Miam Glou Glou, ce petit restaurant qui ne paye pas de mine est tenu par un français (un basque) marié à une philippine. Il propose quelques plats locaux et de la cuisine française. J’y ai goûté le kinilaw un plat philippin à base de poisson cru mariné dans du citron et du lait de coco.

                        Le Reef, on peut y manger des burgers, des salades, des pâtes…

A El Nido : L’Altrove et là sans surprise c’est encore un italien qui nous régale !

                  La Casa El Nido est situé en bord de mer, il propose une cuisine locale et bonne. Les prix sont très raisonnables.

A Coron : Le Buzz on y mange de bonnes salades, des pâtes et des pizzas ! Oui je sais on a craqué sur les pizzas…

Un peu partout aux Philippines on peut trouver des petits commerces avec toutes sortes de viennoiseries, ça ne coûte rien du tout ( 0,10€, 0,20€), on a particulièrement aimé des « pan de coco » et les petits donuts.

Un petit point sur le budget :

Entre les vols intérieurs, les trajets en ferry et les restaurants italiens on a littéralement explosé le budget…on a dépensé en 29 jours 2029€ soit 35€ par jour et par personne.

La boucle des Bolovens au sud du Laos :

C’est en bus que nous arrivons dans la petite ville de Pakse, point de départ de la boucle du plateau des Bolovens. Nous avons trouvé une auberge de jeunesse très chouette avec une jolie déco et un dortoir aux lits confortables (5€ le lit).

Nous y retrouvons Sonia que nous avons rencontrée sur le bateau lors de notre passage de frontière sur le Mékong et avec qui nous avons partagé depuis des moments sympas à Luang Prabang et nous faisons la connaissance de Selim. Nous avons décidé de faire cette boucle à moto sur 4 jours ensemble, c’est plus sympa. 

A Pakse, nous louons les motos chez Miss Noy où tous les soirs à 18h, Yves, un belge sympathique, accompagné de sa compagne laotienne Noy, propose une rencontre, un briefing sur le circuit de la boucle avec les différentes étapes possibles, il donne beaucoup d’informations,  des conseils et nous met en garde sur les portions de routes potentiellement dangereuses ( circuler à plusieurs est mieux en cas de panne mais aussi pour dissuader d’éventuels agresseurs, voleurs). On a décidé de parcourir la grande boucle qui se fait généralement sur 4 jours, il y a un circuit plus court qui, lui, est faisable en 2. En louant chez Miss Noy , on n’est pas obligés de préciser le nombre de jours de location donc on verra bien… (location de la moto: 5€ par jour).

 Le lendemain matin, on dépose nos gros sacs à dos chez Miss Noy, nous emportons le strict minimum dans nos petits sacs. Pour bien démarrer la journée rien de tel qu’un bon petit déjeuner et ça tombe bien parce qu’à Pakse, un boulanger français est installé et on va pouvoir manger du bon pain frais et même de délicieuses petites brioches! On récupère ensuite nos bolides et nous voilà partis. On est en saison sèche au Laos et Yves nous a averti certaines cascades ne seront pas spectaculaires. Nous décidons de faire un premier arrêt à la plantation de café bio de Mr Vieng, nous dégustons bien sûr le fruit de son travail et il nous fait visiter sa plantation (1,50€). 

Nous poursuivons notre route qui traverse des plantations de café, de manioc et de maïs. C’est dans l’après midi que nous arrivons au charmant village de Tad Lo. Nous trouvons un joli bungalow pour la nuit avec une superbe vue sur les champs et les buffles d’eau à Palamei Guesthouse (7€ la nuit), on y rencontre de nouveaux voyageurs et passons tous ensemble une soirée très sympa autour d’un bon repas ( un buffet pour 2€ chacun) et de quelques bières.

Le lendemain nous allons découvrir les cascades des environs, tout d’abord celle de Tad Lo à pieds puis en moto nous découvrons la cascade de Tad Soung, son débit n’est pas très important en cette saison mais nous décidons d’aller à son sommet qui nous offre une magnifique vue sur toute la campagne environnante.

Après être repassés à la guesthouse pour récupérer nos sacs nous roulons pendant 30mn jusqu’à un petit village pour rencontrer Mr Hook (dit Captain Hook). Lors du briefieng, Yves nous a averti: il faut être prêts à découvrir une ethnie aux coutumes et aux moeurs très loin de notre société occidentale….

Le village est en retrait de la route, on paye un droit d’accès (0,50€), Mr Hook propose deux visites par jour une vers 9h30 et une à 13h30 (1,50€), l’argent récolté par les visites, l’homestay, la vente de repas et boissons revient à la communauté de ce village animiste.

On est vite dans « l’ambiance » en arrivant: dans la cour de la maison il y a beaucoup de monde, d’enfants. Tous fument du tabac mélangé à de l’eau et du sucre de canne dans une sorte de bang en bambou. On voit des enfants fumer, on n’est pas forcément très à l’aise. On démarre la visite avec Mr Hook et bien sûr d’autres voyageurs. Mr Hook parle très bien anglais, il nous fait découvrir ses différentes cultures agricoles et notamment celle du café ( il est intarissable sur le sujet), il nous parle des plantes médicinales que son peuple utilise au quotidien. Ceux qui le souhaitent (pas nous!) goûtent aux fourmis rouges, il paraît qu’on y retrouve des saveurs citronnées, bon on n’a pas goûté par contre on a senti…pouah!!! Quelle horreur, un mélange d’ammoniaque et de vinaigre…. Mr Hook nous explique des techniques de chasse et de pêche, c’est très interessant de découvrir un peuple aussi proche des ressources offertes par la nature. Il nous parle de leurs croyances animistes, du culte des esprits et des rituels (et parfois, sacrifices d’animaux) qui accompagnent leur vie.  Mr Hook nous raconte également certaines légendes pour expliquer leurs croyances et pratiques. Ici, les enfants fument le bang dès l’âge de 3 ans, la fumée chasse les moustiques mais aussi les mauvais esprits….

 Ce peuple est polygame et toute la famille vit sous le même toit, les filles se marient très jeunes (vers 8 ou 9 ans) et enfantent dès la puberté. Mr Hook n’a pas suivi toutes ces pratiques, il est allé à l’école, a refusé l’épouse imposée par son père et il n’a pas plusieurs épouses, il n’est donc pas apprécié par tous. Nous traversons le village discrètement mais malgré tout le malaise est palpable. Nous repartirons de cette rencontre chamboulés, des réflexions et interrogations plein la tête…

Nous reprenons la route, les paysages défilent et la nuit approche lorsque nous arrivons près de la cascade Tad Houa Khon dans la guesthouse P.S Garden pour notre deuxième nuit (6€ la nuit). Demain c’est à 6 que nous poursuivrons car Johan et Morgane que nous avons rencontré dans le nord et retrouvés plusieurs fois depuis, nous rejoignent. 

Le lendemain nous reprenons la route tranquillement jusqu’à la cascade Tayicsua, la piste n’est pas facile à certains endroits. Nous arrivons dans l’après midi et découvrons un beau gîte tout en bois au bord de la rivière, c’est ici que nous passerons notre 3ème nuit, au Tad Alang Homestay (10€ la chambre) mais il faudra attendre le lendemain pour faire la marche jusqu’aux différentes cascades car il pleut…. 

Le chemin pour s’y rendre est très pentu et la pluie de la veille rend l’exercice difficile, ça glisse! nous ne verrons pas les 5 cascades mais celle que nous avons vu était déjà très sympa.

Nous poursuivons notre route, traversons la petite ville de Paksong, ici il fait beaucoup plus frais. Nous arrivons à la cascade Tad Yuang, le site est très aménagé (chemin bétonné, aire de pique nique, restaurants….) et comme c’est le week end il y a du monde, la cascade en elle même est jolie mais l’aménagement autour ne nous séduit pas vraiment.

Nous nous arrêtons pour manger, ben oui il faut bien de temps en temps… et rencontrons un vieux monsieur laotien qui parle très bien français et se présente à nous comme « le berrichon du Mékong », il a vécu une grande partie de sa vie en France dans le Berry et depuis sa retraite il a décidé de revenir dans son pays, il nous fait goûter son lao lao (alcool de riz) qui n’est pas terrible pas plus que la cuisine de son restaurant (rater des noodles en Asie il fallait le faire!).

Nous continuons notre route vers une dernière cascade, la Tad Fane, beaucoup plus tranquille au coeur d’une végétation préservée.

Nous rentrons ensuite sur Pakse, la boucle est bouclée ah! ah! ah!

Nous avons bien apprécié ces 4 jours sur le plateau des Bolovens, les paysages ne varient pas énormément mais on y a découvert une vie rurale et de belles cascades. Sonia qui a fait également la boucle de Thakhek précédemment nous dit que les paysages y sont plus beaux, pas grave ça nous donnera une bonne occasion pour revenir au Laos!