Notre séjour à Siem Reap à la découverte des temples d’Angkor :

Nous sommes rentrés au Cambodge par la frontière terrestre au sud du Laos (4000 îles), c’est donc d’abord en bateau que nous avons quitté l’île de Don Khone puis en bus que nous avons atteint la frontière tant redoutée par les voyageurs pour sa corruption. Bien sûr nous n’avons pas échappé à la règle du backchich en payant 40 dollars au lieu des 35 officiellement en vigueur… Deux bus et quelques heures de route plus tard nous sommes arrivés à Siem Reap (23€ de transport au total par personne).

C’est dans un petit hotel, le Cashew Nut (12€ la nuit et une piscine pour se rafraîchir après les visites) que nous avons posé nos sacs pour une semaine.

Comme le voyage depuis le Laos était long et donc fatigant nous avons opté pour une journée de découverte de la ville de Siem Reap avant d’arpenter les temples. Cette journée nous a également permis d’organiser la visite du site. 

Visiter les célèbres temples d’Angkor était pour nous un rêve que nous allions enfin pouvoir toucher du doigt et qui justifiait à lui seul notre voyage au Cambodge alors on voulait prendre notre temps et en profiter.

Il faut savoir qu’il y a deux boucles de visites qui permettent de découvrir différents temples (le petit et le grand circuit), d’autres temples sont disséminés dans la région.

Le visiteur peux choisir soit un pass d’entrée à 37 dollars pour 1 jour, un à 62 dollars pour 3 jours (valable une semaine) ou un pass pour les passionnés d’archéologie d’une semaine à 72 dollars (valable un mois). Nous avons opté pour le pass de 3 jours et avons décidé de répartir nos visites sur la semaine et nous avons bien fait parce que mine de rien c’est fatigant ! Et puis comme on dit « trop de temple tue le temple »

Ok pour le pass de 3 jours mais « comment y aller? » et là encore plusieurs options s’offrent à nous : en tuk tuk avec ou sans guide, en scooter électrique, en scooter (officiellement interdit sur le site), à vélo.

Initialement nous avions prévu de faire la grande boucle en tuk tuk et pourquoi pas la petite à vélo? Mais ça c’était avant… avant de réaliser que le temple le plus proche de Siem Reap se trouvait à une quinzaine de kilomètres, de constater que pédaler sous un soleil de plomb au mois de juin n’était pas pour nous. Nous avons donc opté pour le tuk tuk avec juste un chauffeur (environ 20 ou 25 dollars la journée, l’option avec un guide en plus coûte environ 60 dollars). Nous avions entendu parlé sur un groupe facebook de voyageurs  (Bienvenue au Cambodge…infos, échanges, bons plans…) d’un certain Mister Why Not et nous l’avons contacté.

C’est un chauffeur de tuk tuk, il a travaillé comme guide auparavant, il est passionné d’Angkor et plein de petites attentions lors des journées de visites (il amène de chez lui et achète des spécialités cambodgiennes, des fruits…). Il faut savoir que les chauffeurs n’ont pas le droit de faire guide aux temples d’Angkor. Mister Why Not reste près de son véhicule, il ne rentre pas dans les temples mais donne beaucoup d’informations au préalable.

Nous avons consacré notre première journée de visite aux temples qui se trouvent sur le grand circuit, en commençant par la découverte du majestueux Angkor Wat au lever du soleil. C’est donc à 4h du matin que le chauffeur est venu nous récupérer, nous sommes d’abord allés acheter nos pass pour 3 jours (on a pu constater que beaucoup plus de personnes optaient pour une seule journée de visite) puis nous avons rejoint l’entrée du temple Angkor Wat. Il est le point de départ de tout visiteur donc il y a du monde mais en ce mois de juin pas autant qu’on le craignait (c’est la basse saison touristique). Le spectacle du lever de soleil sur ce temple est grandiose, d’une incroyable beauté. Ce temple est une fierté nationale, il est même l’emblème des billets de banque du pays et représenté sur le drapeau national. On comprend cette fierté, il est immense, majestueux, son architecture est singulière.

Comme je l’ai dis précédemment visiter les temples est éprouvant, on marche beaucoup, il fait chaud même très chaud et puis il faut monter, descendre toutes ces marches hautes et irrégulières, ils devaient être musclés les khmers du Xème siècle! 

Le petit circuit s’étend sur 17km et le grand sur 26km. C’est impressionnant de découvrir les vestiges de cette civilisation et d’imaginer l’ampleur, la richesse que devait représenter cet empire, la vie qui devait y régner et que dire de tous ces hommes, ces femmes et ces milliers d’éléphants qui ont consacré leur vie à la construction de ces monuments des siècles durant.

Parmi les temples les plus célèbres : Angkor Wat, Angkor Thom qui comprend le Bayon, le Baphon et le Palais royal,  le Ta Prohm (lieu de tournage de certaines scènes du film Tom Raider), le Prasat Pre Roup, le Ta Som.

Aujourd’hui, après des siècles d’oublis, de gros travaux de restauration ont permis de reconstituer certaines ruines, d’autres sont en cours et on peut constater une réelle dynamique autour de ces travaux archéologiques. Ce site attire beaucoup de touristes, il représente une vraie manne économique pour Siem Reap et sa région.

En dehors des deux circuits nous avons visité d’autres vestiges : le Banteay Srey et le Banteay Samre.

Sur la route qui mène au premier nous avons pu admirer le travail d’artisans sculpteurs sur bois, découvrir la fabrication du sucre de palme et faire une marche dans une forêt luxuriante jusqu’à une rivière dont les roches ont été sculptées de nombreuses représentations bouddhiques.

Quelques conseils pour visiter les temples d’Angkor:

Démarrer sa journée de bonne heure (l’Angkor Wat est accessible dès 5h et les autres temples à partir de 7h, l’ensemble du site ferme à 17h30).

Se couvrir les épaules et les jambes (règle valable dans tous les temples), ces temples sont des vestiges et plus des lieux de cultes donc il n’est pas nécessaire de se déchausser (Ouf!).

Emporter de l’eau et de quoi se restaurer, les prix sur le site sont exorbitants (exemple le fried rice est à 8 dollars contre 2 dollars en ville).

Faire les circuits à l’inverse des aiguilles d’une montre (on croise moins de touristes et notamment moins de bus de chinois. Je n’ai rien contre les chinois attention! mais c’est juste les seuls à être en circuits organisés et à se déplacer en grands bus).

Revenir sur le site d’Angkor Wat dans l’après midi pour y prendre des photos sans la horde de touristes.

Nos trois journées de visite des temples d’Angkor nous ont enchantés au delà de nos espérances.

La ville de Siem Reap a su également nous séduire, il s’y mêle des airs de ville asiatique traditionnelle et de modernisme.

Le quartier en centre ville appelé Pub Street regroupe bon nombre de bars et restaurants implantés dans de jolies bâtisses coloniales. 

Nous avons flâné dans plusieurs petits marchés artisanaux de la ville.

Nous sommes allés à la rencontre des artisans de demain dans une école d’apprentissage qui privilégie l’accueil de jeunes issus de milieux défavorisés de tout le pays.

Nous avons assisté à une représentation de danses Apsara, ces spectacles de danses ancestrales étaient jadis réservées aux rois. 

Parmi les petites découvertes qui font plaisir :

La présence de quelques boulangeries à la française, un peu de bon pain c’est pas mal!

Un délicieux glacier (merci à Morgane et Johan pour le tuyau) le Gelato Lab.

Un petit restaurant qui est très vite devenu notre cantine le Tevy’s Place qui propose une cuisine locale délicieuse et à des prix tout doux, l’accueil est très souriant (entre 1,75 et 4 dollars les plats), une belle et émouvante histoire de famille à découvrir.

De la Thaïlande au Myanmar, notre passage de frontière terrestre et nos 3 nuits à Hpa An:

Nous quittons Bangkok pour le Myanmar; nous avons choisi de passer la frontière par voie terrestre avant tout pour des raisons écologiques mais également économiques.

Nous prenons un bus (6,5 baths soit 0,18€ chacun) pour nous rendre à la gare routière de Mo Chit, quartier de Bangkok situé dans le nord de la ville. C’est samedi et le trafic est dense, à la gare c’est l’effervescence, les fêtes du nouvel an ( Songkran) approchent et les déplacements sont importants, on a d’ailleurs failli ne pas trouver de places de bus mais après avoir arpenté les différents guichets qui proposent des tickets pour la frontière birmane nous parvenons à nous en procurer. ( guichets: 21,23,25,33 et 35).

Vers 19h nous embarquons pour 9h de bus environ (580 baths soit 16€ chacun). Arrivés à Mae Sot, nous descendons et c’est en tuktuk que nous finissons le trajet jusqu’ au poste frontière (200 baths soit 5,5€ pour nous deux), où nous attendons jusqu’à 5h30 que le poste s’ouvre. Nous découvrons des centaines de thaïs et birmans qui comme nous attendent, et nous sommes 7 voyageurs étrangers. Une fois les formalités passées nous embarquons à 6 dans un taxi collectif avec Mr Beauty (je pense que c’est un pseudo) mais c’est ainsi qu’il se présente. Après négociations c’est pour 15000 Kyats par personne ( soit 8,80€) que nous effectuons les 3 heures de route (défoncée) jusqu’à notre première étape Hpa An.

La petite ville de Hpa An est réputée pour ses grottes sanctuaires, ses rochers karstiques, ses temples et monastères. Comme nous aimons prendre notre temps pour découvrir et observer la vie locale, nous avons choisi d’y rester 4 jours. 

En ce mois d’avril il fait très chaud et sec. Le pays, comme son voisin thaïlandais se prépare à fêter son nouvel an ( Thingyan). 

Nous louons un scooter avec notre guesthouse et visitons les différents temples et grottes des alentours. Nous pensions au départ louer des vélos mais les sites sont trop éloignés les uns des autres et de toute façon avec cette chaleur ….impossible.

Nous commençons par Kaw Ka Taung, une petite grotte avec une cavité au fond à laquelle on accède à quatre pattes.

Puis nous nous rendons à la grotte de Saddan (1000 kyats/ 0,60€) grandiose avec son temple majestueux et ses vastes galeries au bout desquelles nous finissons la visite, en barque.

Pour nous rafraîchir un peu, nous poursuivons vers Yae Ta Khon où une sorte de piscine a été aménagée pour le plus grand plaisir des jeunes birmans, je respecte les traditions locales et c’est toute habillée que je savoure ce moment de fraîcheur. Les jeunes filles se baignent avec leurs sarong et corsages colorés, certains garçons sont torse nu. Sur le site, en dehors de la saison sèche on peut y voir une cascade.

Notre journée se poursuit par la découverte du site de Kyauk Ka Lat avec son singulier monastère érigé sur un piton rocheux au milieux d’un lac (donation libre aux moines).

Nous terminons cette journée à la grotte historique de Kawgun (3000 kyats/1,80€), dont les parois sont parsemées de milliers de petites statuettes de bouddhas d’argile. Ce sanctuaire date du VII ème siècle.

Nous ne sommes pas allés à la grotte aux chauves souris ( envolées à la tombée de la nuit) car en ce moment les femelles sont en gestation et ne s’envolent pas ( ce qui m’arrange assez à vrai dire).

Cette journée nous a permis de découvrir également la campagne environnante avec ses vastes rizières (sèches actuellement) et ses villages aux maisons en bois sur pilotis…

Le lendemain, nous avons mis le réveil à sonner très tôt pour faire la randonnée jusqu’au Monastère du Mont Zwekabin, il fait très chaud et il vaut mieux marcher le plus possible avant le lever du soleil. Il y a 2 accès possibles: un par le jardin Lumbini (près de la piscine de Yae Ta Khon) et l’autre plus court mais plus raide au nord du mont. Nous découvrirons en chemin que nous sommes sur ce dernier…. mes cuisses s’en souviennent! Au sommet, la vue est à couper le souffle sur toute la région de Hpa An, une stupa trône au centre du monastère. Après une petite pause et un petit bol de noddles, nous voilà repartis pour redescendre les quelques 3741 marches… il est 10 h et le soleil brûle, nous croisons quelques singes assez agressifs ( ils cherchent à récupérer de la nourriture). Le bémol de cette marche est d’ailleurs l’invasion de déchets plastiques en tout genre qui jonchent le sol. Il y a bien quelques panneaux qui indiquent de ramener ses déchets mais…. 

Le dernier jour, nous décidons de découvrir Hpa An au petit matin, nous aimons découvrir l’animation de cette petite ville avec ses marchands ambulants, ses femmes qui transportent leur panier chargé de fleurs, de fruits et légumes sur leur tête. 

Le marché est un lieu que nous apprécions particulièrement avec son mélange de fruits, légumes, d’épices et de poissons séchés….

Une balade le long de la rivière au coucher du soleil jusqu’au marché de nuit font également partis des belles découvertes à Hpa An. C’est d’ailleurs sur ce marché que nous avons mangé tous les soirs, des repas simples mais bons et variés, pour des sommes vraiment dérisoires ( de 500 à 2000 kyats par personne/ de 0,30€ à 1,20€)

Nous avons également mangé dans deux petit boui-boui en ville: un est situé en face de l’Hotel Parami et l’autre face de la Pagode They Tha Man Aung ( le Shew ma gyi restaurant).

Notre Guesthouse à Hpa An: Than Lwin Pyar Guesthouse (sur Booking): elle est très bien située, le personnel est adorable et de bon conseil, le petit déjeuner est copieux et correct ( inclu dans le prix de la chambre) . La chambre double est entre 14 et 17€. (Grandes chambres avec salle de bain privée).

Le triangle culturel : au coeur des cités anciennes du Sri Lanka

Les sites qui forment ce fameux triangle culturel sont situés dans les plaines centrales de l’île.

Dès notre arrivée au Sri Lanka, nous avons choisi de découvrir la cité ancienne la plus au nord, Anuradhapura. Construite au IV ème siècle avant JC, elle a été la capitale et l’épicentre de la civilisation bouddhique pendant 1300 ans. Les divers monuments, temples, dagobas, vestiges de palais sont disséminés dans une nature luxuriante, au milieu des rizières, peuplée de nombreux oiseaux. On y croise des grues et autres échassiers, beaucoup de paons et bien sûr de nombreux singes à l’affût de la moindre friandise ou fruit. C’est ici que j’aurai découvert que les paons montaient à la cime des arbres… La cité ancienne d’Anuradhapura reste un lieu de prières, de pèlerinage très important. Les sri lankais visitent les temples toujours vêtus de blanc. Nous avons décidé de parcourir cette cité à vélo, ce qui est très agréable et bien pratique aussi car elle s’étend sur plus de dix kilomètres.

C’est ici que nous découvrirons pour la première fois une pierre de lune. Et là vous vous dites, « mais qu’est ce qu’une pierre de lune bouddhique? »

La pierre de lune est un ensemble de dalles semi circulaires qui marque la première marche pour accéder à un temple bouddhique. L’ensemble symbolise l’ouverture à la voie de la sagesse. La frise de pétales de fleurs représente la douleur générée par les flammes du désir, à l’origine des tourments de l’Homme. Sur le bandeau suivant, on voit 4 animaux qui se succèdent: l’éléphant représente la naissance, le cheval, la vieillesse, le lion, la maladie et le taureau le déclin et la mort. Ce qui représente le cycle de l’existence. Dans le troisième demi cercle, les feuilles et fleurs incarnent le désir dont doit se détacher le disciple pour accéder au Nirvana, étape où le mental est apaisé. Les oies marquent l’étape du discernement. Enfin au coeur de la pierre, la fleur de lotus représente le but ultime de ce chemin spirituel: l’accès au Nirvana.

 Nous finissons notre visite par l’arbre sacré, le Sri Maha Bodhi. Cet imposant arbre aurait été planté à partir d’une branche (ramenée d’Inde) de celui sous lequel Bouddha se serait allongé et aurait atteint l’éveil. Ce lieu est empreint de beaucoup de ferveur, les gens amènent des offrandes, des fleurs de lotus, brûlent des petits pots emplis d’huile et récitent des prières les mains jointes assis sur le sol, ou lisent des textes sacrés.

Le lendemain de cette visite, nous décidons de nous rendre à Mihintale, autre lieu bouddhique fondamental puisqu’il est le berceau du bouddhisme au Sri Lanka. Forts de notre expérience de la veille, nous décidons d’y aller à vélo (25 km aller/retour sur du plat). Arrivés sur place nous partons à l’ascension du majestueux ensemble de monuments, temples. Il fait chaud, les marches irrégulières rendent l’exercice un peu physique, mais la beauté des lieux et la vue au sommet récompensent nos efforts. Les sri lankais sont en vacances et encore une fois jeunes et vieux arpentent les lieux avec une dévotion palpable.

La suite de notre itinéraire nous amène à Polonnaruwa, capitale du Sri Lanka du XIème au XIIIème siècle. Encore une fois c’est à vélo que nous parcourons cette cité ancienne, elle est moins étendue que la précédente, elle est assez imbriquée à la ville actuelle. Certains monuments bordent un lac. Polonnaruwa est un site archéologique. La visite du musée pour commencer, nous permet de mieux nous représenter ce que fut cette cité, car certains vestiges ne sont plus que ruines, notamment le palais royal. Nous finissons notre visite par un ensemble de bouddhas (debout, assis et couché) extrêmement bien conservés et d’une beauté saisissante. 

Nous poursuivons ensuite notre route vers le village de Sigiriya, auprès duquel trône, un imposant et majestueux rocher, le Rocher du Lion. C’est ici qu’au début du XXème siècle, ont été découverts les vestiges d’un palais datant du V ème siècle, ayant appartenu au roi Kassyapa. Lequel aurait assassiné son père pour accéder au trône et se serait réfugié au sommet de ce rocher pour se prémunir d’éventuelles menaces. Les jardins royaux ainsi que le sommet du site sont magnifiques. La vue sur la région, sur l’autre rocher, le Pidurangala, est incroyable. Ce rocher est très prisé des visiteurs et pour échapper à la foule en ces périodes de vacances, nous avons dû nous lever tôt… 

Près de Sigiriya, se trouve un autre vestige bouddhique très intéressant, celui de Dambulla, constitué de temples troglodytes datant du premier siècle avant JC et ayant été embellis au fil des siècles par les rois successifs qui ont régné sur le pays. On découvre de majestueuses statues de Bouddhas et des fresques colorées parfaitement conservées.

Et pour finir notre séjour dans le triangle culturel, nous poursuivons notre route vers la ville de Kandy, ancienne capitale du Sri Lanka, plus au sud de l’île, dans laquelle nous découvrons le Temple de la Dent, un lieu hautement symbolique pour les bouddhistes car il renferme un reliquaire avec une dent ayant appartenu à Bouddha. Cette dent a longtemps joué un rôle politique important car la posséder était signe de pouvoir dans le pays. La légende raconte que certains pillards indiens auraient tenté de casser, en vain, la dent, de laquelle une lumière aurait jaillit…. Encore un lieu de culte très fréquenté par les sri lankais bouddhistes, ce qui confère au temple une atmosphère singulière, presque intimidante.

Ces différents sites culturels méritent qu’on y consacre du temps, qu’on s’y attarde pour observer les rituels, admirer la richesse de ce culte et découvrir la faune et la flore de ces lieux.

Temples hindouistes et cultes religieux dans le Tamil Nadu

Voyager dans le Tamil Nadu c’est partir à la découverte d’une immense richesse culturelle, d’une architecture religieuse d’exception, au coeur d’une société dans laquelle, riches et pauvres, jeunes comme vieux sont dévoués à leur culte hindouiste. Les croyances sont bien ancrées et leur pratique rythme le quotidien et ritualise tous les évènements de la vie.

Nous avons visité des temples dédiés à Shiva, à Vishnou et à Ganesh. Je ne prétendrai pas au travers de cet article retranscrire une compréhension très éclairée des pratiques religieuses qui les entourent. Les rituels sont complexes et très codifiés et différent selon le dieu vénéré. Devant un temple dédié à Shiva par exemple on trouvera une sculpture de Nandi, sorte de taureau, gardien de la porte de Shiva et sa monture, dans la mythologie hindoue.

Le symbole de Shiva est représenté par trois traits blancs horizontaux ornés d’un point rouge. Ce symbole, présent dans les temples l’est également sur le front des croyants. Alors que le culte de Vishnou est symbolisé par une sorte de calice blanc avec une goutte rouge à l’intérieur. La monture de Vishnou est appelé Garouda, sorte d’oiseau céleste dans la mythologie hindouiste.

Dans l’enceinte de certains temples, on peut voir des bracelets, des cadenas ou des morceaux de tissus accrochés à un arbre. Ils symbolisent les voeux de futurs mariés ou futurs parents et sont liés à un culte animiste tel qu’il se pratique en Inde.

Un des éléments commun aux temples de la dynastie des Cholas ou des Pandya, que nous avons visité est la présence d’un ou plusieurs Gopurams qui sont des constructions, des portes par lesquelles on entre dans l’enceinte ou les enceintes du temple.

Dans les temples on trouve une salle appelée en Inde du sud le Mandapam avec de multiples colonnes, elle sert de lieu de repos, de méditation pour les fidèles et pèlerins de passage, c’est dans cette salle que se pratique la Puja (rituels journaliers à des heures précises).

Nous avons pu assister à plusieurs reprises à ces rituels toujours très complexes fait de rites d’offrandes et d’adoration et qui donnent lieu à des gestes qui pour des personnes non initiées comme nous peuvent paraître étranges. Les offrandes dans les temples sont assez diverses allant de la simple noix de coco, à la fleur de lotus en passant par la guirlande de boutons de jasmin, de roses et autres fleurs; ce qui confère au lieu un parfum fleuri mêlé à l’encens.

Ce qui est également commun dans un temple c’est l’obligation de retirer ses chaussures avant d’y pénétrer.

L’enceinte d’un temple est un lieu de vie, assis au sol certains mangent, discutent d’autres dorment, on peut y trouver des commerces. Il est surprenant dans certaines enceintes de franchir plusieurs Gopurams dans lesquels les tuktuks circulent, les commerçants ambulants proposent des fruits, des légumes, des saris ( ex: dans le temple Rock Fort et Sri Ranganathaswamy tous deux à Tiruchirapalli).

Même si le culte hindouiste semble complexe et codifié, Usha notre hôte de la guesthouse de Tiruchirapalli, nous a expliqué la grande liberté liée à cette religion peu restrictive.

Après les temples de l’époque des Pallavas visités à Mahabalipuram (voir article dédié) et celui dédié à Ganesh à Pondichery (Arulmigu Manakula Vinayagar), nous avons choisi de nous rendre au temple de Chidambaram, de Gangaikondacholapuram ( non non, je ne me suis pas endormie la tête appuyée sur le clavier de l’ordinateur, c’est bien le nom du village qui abrite ce temple…) et de Darasuram (inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco) avec l’aide d’un chauffeur car ces sites sont difficilement accessibles en bus à moins d’y consacrer plusieurs jours, ils sont éloignés les uns des autres et les bus peu pratiques. C’est le frêre de Mujib, de la guesthouse Swades à Pondichery, qui nous a accompagnés (coût de ce service prenant une journée complète, il nous a également déposé à notre hébergement à Kumbakonan: 3500 Roupies soit environ 42€)

La ville de Kumbakonan est riche en petits temples de quartier mais ne présente pas selon moi une étape indispensable.

Nous avons ensuite découverts le temple de Brihadishvara à Thanjavur, puis c’est à Tiruchirapalli que nous avons séjourné pour découvrir le magnifique temple dédié à Vishnou (Sri Ranganathaswamy) au coeur de l’île de Srirangam. Nous sommes arrivés au bon moment puisqu’un grand festival dans ce temple, démarrait dès le lendemain. Nous avons pu mesurer la ferveur, la dévotion incroyable omniprésente durant notre séjour, beaucoup de pèlerins venus d’autres provinces sont présents et beaucoup d’animation dans les rues.

Sur cette île il y a un autre très beau grand temple dédié celui-ci à Shiva (Jambueswarar Temple).

Dans la ville de Tiruchirapalli appelée aussi Trichy, se trouve le Rock Fort temple, majestueux, imposant il a été construit à flanc de colline, il se mérite puisqu’il faut grimper 427 marches pour atteindre son sommet.

Après Trichy, nous avons poursuivi notre route vers Tiruvannamalai. Nous avons relié ces villes en bus local. Tiruvannamalai est une ville sainte, siège du shivaïsme en Inde. Elle abrite l’ immense temple le Arunachaleswarar. Cette ville et sa montagne sacrée attirent de nombreux pèlerins du monde entier. En effet, elle a été rendue célèbre notamment grâce à l’histoire de  Ramana Maharshi, sage hindou qui, à l’âge de 16 ans (en 1895), fut attiré par cette montagne sacrée au point d’y consacrer sa vie, il créa l’ashram au pied de la montagne, y vécu, il devint un guide spirituel et ne s’éloigna jamais de plus de 17 kilomètres de la montagne sacrée jusqu’à sa mort en 1950. Sa descendance continua a faire fonctionner l’ashram qui se développa jusqu’à nos jours. Il est considéré par beaucoup comme un saint et son portrait est présent dans de nombreux foyers, dans des restaurants….

Nos deux semaines dans le Tamil Nadu nous auront permis d’approcher cette culture de plus prés, culture tamoule présente également chez nous à la Réunion. 

Inde, première étape, premières impressions

Après l’effervescence de la circulation pour quitter la ville de Chennai, nous posons nos sacs à dos dans le village de pêcheurs de Mahabalipuram. Village qui a la particularité d’abriter de nombreux sites du VII ème siècle. On y découvre notamment des temples monolithiques datant de la dynastie hindoue des Pallavas, dynastie qui domina l’Inde du sud de la fin du III ème au IX ème siècle.

Parmi les plus célèbres, le Temple du Rivage ( shore temple), Les Cinq Chars ( five rathas), l’impressionnant bas relief appelé La Descente du Gange ( Ajurna’s Penance) qui mesure 27mX9m, la Boule de Beurre de Krishna (krishna’s Butter Ball), la grotte Varaha et la Grotte du Tigre (tiger cave).

Ces monuments renferment de nombreuses légendes liées au culte hindouiste (à shiva et Ganesh notamment).

Nous avons passé trois nuits dans ce village, flâné dans les ruelles où se côtoient les femmes de pêcheurs nettoyant le poisson, les vaches et les enfants jouant simplement.

Ce village tourné vers la mer a également conservé la tradition de ses ancêtres sculpteurs de pierre, de nombreux ateliers occupent les abords du village, des marchands ambulants vendent des babioles en pierre taillée).

Au petit matin, nous avons pu assister au retour de pêche à la sardine. Drôle de ballets que celui de ces hommes s’agitant autour des filets sous le regard nonchalant des vaches qui ont pris possession de la plage et y passent leur journée….

En 2004, le tsunami qui a particulièrement touché cette partie de l’Asie a fait de nombreuses victimes à Mahabalipuram, les habitants délaissés par l’état ont pu bénéficier de la solidarité des populations voisines pour se reconstruire, les pêcheurs n’ont pas pu pêcher pendant prés de six mois par manque de poissons.

Nous avons vraiment apprécié ce village ainsi que l’accueil très chaleureux, agréable de Madavan, le propriétaire de notre Guesthouse. 

Nous avons également bien mangé notamment des calamars et des crevettes.

En résumé voici quelques infos utiles pour ceux qui souhaitent passer un séjour dans ce village.

Notre Guesthouse :

Squirrel Nest Guesthouse est bien située, dans le village mais à l’écart de l’agitation des restaurants, prés de la plage (petite précision, les eaux du Golfe du Bengale ne sont pas vraiment propices à la baignade à Mahabalipuram d’une part parce qu’elles sont agitées mais également parce qu’elles sont polluées, les égouts s’y déversant… ), les chambres sont simples mais propres, joliment décorées et fonctionnelles (prix d’une chambre double: 900 Roupies soit environ 11€ ).

Les restaurants que nous avons appréciés :

Le Sea Rock restaurant qui, comme son nom l’indique, prépare des produits de la mer.

Le Babu’s café : plats typiquement indiens

Le Gecko : plats typiquement indiens

Le Hemnath café : où nous avons pris nos petits déjeuners typiquement indiens

Nous avons trouvé la cuisine vraiment variée et savoureuse, riche en épices mais pas trop pimentée contrairement à ce qu’Alex appréhendait.

On a mangé pour environ 2 à 3 € par personne, les petits déjeuners nous sont revenus entre 0,5 et 1€ par personne.

Finalement ce qui coûte le plus cher c’est la pause bière : 3€ la bière (vendue en 66 cl)

Nous quittons Mahabalipuram en bus local pour notre prochaine étape Pondicherry: il y a des bus toutes les 15/20 mn, la précision des horaires n’étant pas une donnée précise en Inde….

Nous mettrons environ 2H pour rejoindre Pondicherry à 95km.